vendredi 21 juin 2013

Solstice d'été




Dans six mois, c'est Noël.
Et les jours commencent à décroître dès demain.

C'est ce qu'on appelle le solstice d'été. Doublé de la fête de la musique avec des artistes improbables sur des scènes éphémères et des gens bourrés à la bière à tous les coins de rue.

Il me reste 6 mois pour faire mes cadeaux de Noël.

Mais j'ai déjà commandé au Père Noël plusieurs "petites choses":
- un petit séjour à Damas pour visiter les ruines de la vieille ville et... de la ville moderne
- un abonnement "Caipirinha à gogo" sur une terrasse suisse pendant la Coupe du Monde de foot (si elle a lieu)
- une visite de la tour de télévision à Athènes
- un tour organisé en Russie avec Depardieu comme guide
- un compte en banque bien fourni à l'UBS
- un sac à main comme celui que Paris Hilton vient d'acheter
- un bon pour une visite de la station Mir
- un parapluie en fonte qui ne se retourne pas quand il vente et qu'il me tombe des grêlons dessus
- une paix royale... dans mon bureau
- l'implatation de neurones dans le cerveau de quelques mâles (je ne vise personne mais...)
- l'élimination définitive des acariens
- l'annulation à la newsletter "famille-royale-Kate-William-et-la-couleur-du-chapeau-de-la-reine-mère"
- un Gripen en plastique pour faire joujou dans mon bain
- un cours de tennis avec Federer
- une paire de santiags pour appliquer la podoculthérapie à grande échelle
- un robot qui fait le ménage ou si ce n'est pas possible, un bel étalon qui passe l'aspirateur, qui enlève la poussière, qui fasse la cuisine, qui récure la baignoire et qui fasse encore plein de choses sympas que je tairai car il y a peut-être des enfants qui lisent ce blog
- une mode moins dégueulasse chez H&M (suppression des fringues jaune canari, éradication des pantalons Skin...)
- la résurrection de Kurt Cobain  et de Freddie Mercury car Justin Timberlake me gave
- des mains plus grandes pour jouer du Rachmaninoff
- la peau de Christian Constantin

etc... etc...

et surtout, surtout, un aspirateur à cons plus performant...
Bon été à toutes et tous.



vendredi 14 juin 2013

A vous les studios

Lu aujourd'hui dans la presse grecque que je décortique tous les matins afin de me faire une idée précise de la situation.

"Le journaliste phare, présentateur du TJ de la chaîne publique ERT, Monsieur Φρειδερίκος, s'est suicidé sur le plateau de télévision après un dernier tour de l'actualité grecque. Voici sa dernière présentation que nous avons voulu vous transmettre, afin que son nom reste gravé dans toutes les mémoires, héros bien malgré lui de cette tragédie grecque.
Voici:

"Quelques nouvelles du jour.
Le pouvoir d'achat des compatriotes chute encore, les infrastructures des JO de 2004 tombent en ruine (normal tout le pays est une ruine depuis très très longtemps), les touristes ne viennent plus, l'ouzo est dégueulasse, la feta se vend mal, il fait 40 degrés dans le bureau, la climatisation est en panne (elle n'a jamais fonctionné je crois), les moutons de mon ami Αδριανός n'ont plus d'herbe à brouter, il ne pleut plus depuis longtemps, Papy Θεοδώριχος n'a pas pu se faire soigner l'autre jour à l'hôpital, ils vont donc lui couper la jambe, c'est plus radical et ça coûte moins cher, bref, tout va mal. Et je n'arrive plus à dormir tranquille durant ma sieste de l'après-midi.
Ma femme m'a quittée pour vivre avec un armateur, mes enfants refusent de me parler, mon chat est mort hier soir, il est tombé du toit et patatra, je suis sous antidépresseurs, je n'en peux plus, je veux mourir, il fait trop chaud, j'en ai marre. Cette vie m'est devenue insupportable.

Mesdames et Messieurs, c'était ma dernière présentation du TJ.
Je rends l'antenne, pour la dernière fois."

Il a alors sorti un pistolet et s'est tiré une balle, tout simplement. 
L'écran de télévision est devenu noir, définitivement. 

Tiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii"


Vous l'avouerez, cela fait froid dans le dos. 
A vous les studios. 







vendredi 7 juin 2013

Guerre ouverte contre la sinistrose




La semaine a été bien chargée. Comme d'habitude. Des clients râleurs, des responsables râleurs, des gens râleurs dans tous les coins.
Rien ne va, si ce n'est que le soleil pointe enfin le bout de son nez et que les températures deviennent plus agréables.

Mais tout est toujours matière à râler. L'autre jour, je me suis retrouvée coincée dans le métro le nez sous les aisselles d'un gros bonhomme qui transpirait comme un bœuf. S'il avait fait moins chaud et si la direction des transports publics avait enclenché la climatisation dans la rame, j'aurais été plus à l'aise et le gros bonhomme aussi sans doute.

Je suis allée boire une bière sur une terrasse un soir de cette semaine. Une belle terrasse, une des plus belles de la ville, un bar lounge dans lequel il faut débourser une certaine somme pour s'hydrater. Mais quelle surprise de voir que le service ne se faisait pas en terrasse et qu'il fallait s'adresser au bar. Là aussi, une mauvaise humeur m'a envahie et j'ai râlé dans la barbe que je n'ai pas. Au prix où est la bière, la serveuse n'avait qu'à bouger son arrière-train pour prendre la commande et venir servir les clients au lieu de pérorer derrière le bar telle une pimbêche.

Ce matin, j'ai encore râlé contre la voisine du dessus qui marche comme un éléphant alors qu'elle ressemble plutôt à une gazelle.

J'ai aussi pesté contre mon modem qui a rendu l'âme vendredi passé à 08h01 et 30 secondes. Il est mort sans rien dire, sans m'avertir. Trois jours sans connexion internet! Quelle affaire, quel stress! J'ai crû que j'allais mourir.

A bien y réfléchir, je fais comme tout le monde ou tout le monde fait comme moi. On râle pour tout, sur tout, de tout. On s'insurge contre des petites choses, on se plaint continuellement, on n'est JAMAIS content.

Les voisins font du bruit, le métro est surchargé, la bière coûte cher en terrasse, le soleil tape trop fort, on n'a pas eu de printemps, nos dirigeants sont des cons, Federer a perdu, Stan aussi, les factures s'accumulent, le salaire n'augmente pas, c'est la crise, Evelyne se courbe devant les Américains, Barack met tous ses citoyens sur écoute, il pleut des cordes en Hongrie, le concierge n'a pas nettoyé la buanderie, il y a de mauvaises herbes sur la terrasse, l'appartement est trop petit, le conjoint ne fait jamais le ménage, etc.
Et pourtant!!
Ne peut-on voir une fois ce qui est positif?

Il me semble que les médias participent allègrement à cette sorte de sinistrose qui s'installe. On ne parle que de meurtres, des défilés dans les rues, de mécontents de ci ou de ça, d'un président pantin, de banques pas honnêtes, de citoyens qui cassent tous dans les rues et j'en passe et des meilleurs.
Je pense que chaque journaliste a un devoir d'informations et qu'il doit relayer au grand public ce qui se passe dans le monde mais ne pourrait-il pas également faire ressortir quelques nouvelles positives qui nous remettraient le moral en place et nous empêcheraient de tout voir en noir? Dans le même ordre d'idées, chaque citoyen doit avoir un esprit critique qui lui permet d'évoluer dans la Cité et d’œuvrer pour le bien de tous mais il lui appartient également de voir les points positifs de son existence et de faire en sorte de les améliorer dans un sens constructif.

Je m'insurge contre cette ambiance qui nous assaille. Elle me pèse et me tire parfois le moral sous les chaussettes. Heureusement, on va pouvoir sortir les tongues et ne plus porter de chaussettes pendant quelques jours. 

Il y a eu de tous temps des périodes difficiles et ce n'est pas plus pire maintenant qu'avant. Ce qui est plus difficile à gérer, c'est qu'avec la mondialisation de l'information, les réseaux sociaux, l'information tout de suite, on sait tout sur tout et très rapidement. Je n'ai pas eu le temps hier de rentrer à la maison et d'ouvrir mon frigo pour y prendre une bière que je savais déjà que la fille de M. Jackson avait fait une tentative de suicide. C'est triste pour elle mais je ne peux rien y faire. Et j'ai bu ma bière dans mon fauteuil. Je me suis même empiffrée par la suite avec une bonne glace Mövenpick.

Comme on dit par ici quand on rencontre quelqu'un: "ça va ou bien?"

Et bien oui, ça ne va pas trop mal. Je suis vivante, j'ai un nouveau modem, j'ai un appartement, j'ai un peu d'argent, je peux boire des bières en terrasse et il y a pire que ma situation. Je ne suis pas en Syrie, je ne suis pas un ours blanc en Arctique, je ne suis pas sans-abri, je ne suis pas en prison, j'ai un compte à l'UBS et je ne fraude pas, j'ai un ours en peluche sympa, j'ai des amis sûrs, je dois encore 1000 balles à l'Etat de Vaud et surtout, surtout, je peux chanter sous ma douche! Et puis visiter les blogs des copains c'est sympathique aussi. On y apprend que Claude a eu un peu de soleil, que Bergson a rencontré un cheval, que Marie-Marguerite marche dans Paris, que la dame du Nord visite des églises ouvertes le dimanche, que notre Cergie est heureuse grand-mère et boit des chocolats chauds quand il est froid, que Solange se balade parmi les fleurs qui poussent et que notre ami Jackss arrive dans un coin de pays merveilleux. Alors oui, il y a plein de choses positives. Thérèse prend même plaisir à photographier des araignées et Fifi se roule par terre pour prendre des fleurs en photo. 

Je déclare la guerre ouverte contre la sinistrose et merde aux râleurs professionnels, ils me gavent.






mercredi 29 mai 2013

Notre patrimoine: un présent du passé

"Quoi, tu veux ma photo?"


"Ding Jinhao en visite ici."

Voici le tag qu'un jeune touriste chinois a inscrit sur un monument célèbre égyptien à Louxor. En vacances avec Papa et Maman, il s'est dit qu'il fallait marquer l'histoire. Et c'est ainsi que l'inscription a été tracée sur le corps du Dieu Amon à l'extérieur du sanctuaire d'Alexandre le Grand, qui est lui même à l'intérieur du temple d'Amenhotep III.

Un autre touriste chinois a pris en photo le délit et l'a posté sur son compte microblog, ce qui a déclenché une avalanche de commentaires et de critiques. 

Comment une telle ignominie a-t-elle pu se produire? Comment ce gamin chinois a-t-il été éduqué? Que faisait le guide? Où étaient les parents? etc. etc.

Moi, plus rien ne m'étonne. Car le responsable de la police cantonale valaisanne a lui aussi fait la une des journaux l'année passée. Il n'a pas inscrit son nom sur un site archéologique turc. ("Christian Varone en visite ici"). Non, il s'est dit qu'il valait mieux emporter un petit souvenir. Et le voilà lesté dans sa valise d'un petit caillou ramassé par terre. Malheureusement, au passage de la frontière, le caillou a été découvert parmi les chaussettes et les slips sales du commandant.
Après plusieurs analyses, il a été déclaré que la petite pierre







jeudi 23 mai 2013

L'aspirateur à cons

Pignon sur le lac, pas un seul con à l'horizon

Trouvé ce jour dans ma boîte aux lettres un petit papier qui m'annonce de bien belles choses. Et en ces temps si perturbés, toutes les bonnes nouvelles sont à relever.

Le professeur Tigui va en effet m'aider à résoudre mes problèmes.
C'est un voyant médium compétent.
"Très sérieux dans son domaine. Spécialiste de retour de l'être aimé, amour, fidélité, mariage. santé, problèmes familiaux, examens, affaire, chance aux jeux, réussite dans le commerce et entreprise, désenvoûtement, impuissance sexuelle etc.
Résultat Garantie et rapide en 3 jours. Discrétion assurée, déplacement possible.
Port: 004178 etc. etc."

Première constatation: le Professeur Tigui ne sait pas bien le français. Il considère que "résultat" est un nom commun féminin et affuble donc l'adjectif qualificatif d'un E.
Un professeur qui fait des fautes pareilles, cela me donne à réfléchir.
Mais bon, je ne vais pas bouder mon plaisir quand même.

Demain, c'est décidé. Je l'appelle. Et je lui fais part de tous mes problèmes.
Les mecs cons pas fidèles et menteurs, il doit les éradiquer. En affaire, je veux faire du chiffre. Je désire également grimper dans la hiérarchie et écraser mes collaborateurs quand ils ne sont pas efficaces. Je souhaite ardemment être désenvoûtée du mauvais esprit qui me pourrit la vie depuis des années et je veux grimper aux rideaux tous les soirs. Si je pouvais réussir également mon examen de conscience, ce serait très appréciable. Il serait aussi sympa d'éliminer mes problèmes de dos, me faire gagner à la loterie et puis j'aimerais également:
- une belle maison avec pignon sur le lac sans voisins
- un chalet en rondins à la montagne sans voisins (résidence secondaire en Valais juste pour enquiquiner le Franz Weber...)
- un compte en banque bien garni qui me permettra d'assouvir toutes mes envies avec un taux de rendement élevé (pas un ridicule 0,25%)
- une belle Audi RS4 gris métallisé
- un jet privé
- un piano à queue
- un chevalier servant qui se taise mais qui soit efficace
- etc. etc. mais surtout:
- un gros aspirateur qui aspire les cons dès qu'ils se présentent


J'espère bien que vous serez discret, Monsieur le Professeur. Pas besoin que tout le monde sache que je fais appel à vos services. Je ne veux pas d'embrouilles dans mon entourage professionnel ou familial. Et surtout pas de jalousie mal placée. La meilleure réussite est celle qui se fait en toute modestie. Il faut que les gens croient en mon potentiel d'évolution sans faille.

Ah, juste une chose Monsieur le Professeur. Il y a de cela quelques mois, un autre Professeur, M. Mamadou, m'a fait la même publicité. Il accomplit les mêmes miracles que vous. Vrai de vrai. Si j'étais vous, je ferai bien attention à ce que vos clients n'aillent pas voir la concurrence qui semble très rude dans le domaine de la voyance.

Et quand j'empoignerai le combiné demain matin à la première heure, je me ferai un malin plaisir de vous dire avec un accent bien de chez vous:
- "Ti gui, toi? (traduction, t'es qui toi?)
- Je suis le professeur Tigui et vous qui êtes-vous?
- Comment, vous ne voyez pas qui je suis?
- Non, vraiment pas mais que puis-je faire pour vous?
- Ah mais avant de faire quoi que ce soit, il faut d'abord savoir qui je suis.
- Non, vraiment, je ne vois pas.
- Comment? Un voyant qui ne voit pas? ça existe?

Et je bouclerai le téléphone complètement hilare de ma bonne blague. Tant pis pour la RS 4. Pour l'instant ce n'est pas possible. Et j'aime bien mes collègues. Mon appartement n'est pas trop mal et j'ai régulièrement la visite du chat du voisin qui est très sympa. (le chat pas le voisin, enfin les deux quand même) Et pour le reste, peut-être un jour.
Quant à l'aspirateur à cons, je n'attendrai pas l'aide du Professeur Tigui ni du Professeur Mamadou. Je vais chercher pas mes propres moyens l'appareil qui enfin me débarrassera de tous les cons qui me gavent. 


© Dédé Mai 2013


mardi 7 mai 2013

Là-haut sur la montagne: compléments d'enquête et conclusions

 
Photo prise sur le net


Ueli Steck a déclaré aux journalistes suisses qu'il renonçait à l'ascension de l'Everest. 
Contrairement à ce que notre ami Ben avait déclaré dans les commentaires sur le post précédent, l'Ascension aura bien lieu jeudi mais pas celle de l'Everest.

Nous sommes tristes et penauds face à cette nouvelle. Dire que nous attendions avec impatience que notre alpiniste suisse gravisse très vite, voire même plus vite que son ombre les quelques 8000 mètres de la montagne sacrée, il va falloir que l'on se rabatte sur les exploits de l'équipe nationale suisse de hockey aux mondiaux de Stockholm. 

Mais il faut retenir cette phrase prononcée par l'alpiniste devant les caméras: "Un des sherpa nous a menacés avec son piolet, d'autres lançaient des pierres sur les tentes et certains étaient masqués."

A la fin du mois d'avril, c'est en effet Carnaval sur les pentes escarpées de la chaîne himalayenne. On danse au son des bols chantants, on exécute des figures acrobatiques avec des piolets et on revêt des masques pour chasser les mauvais esprits occidentaux. 

Et ça fonctionne puisque les esprits reculent, remballent leur matériel high tech et retournent dans leurs douces Alpes où les moeurs ne semblent pas si sauvages.

Demain, c'est promis, pour aller au boulot, je me munis de quelques pierres acérées, d'un marteau-piolet et d'un masque du Löschental. Et ce sera le Tschäggätä au milieu de la réception.

Les esprits malins s'enfuiront et j'aurai une paix royale pendant l'Ascension. 


© Dédé Mai 2013


P.S. Pour nos amis qui ne connaissent pas forcément ce qu'est un masque du Löschental et le  Tschäggätä, je les renvoie à ce lien. 


mercredi 1 mai 2013

Là-haut sur la montagne..



L'alpiniste suisse Ueli Steck a été agressé dimanche avec deux de ses camarades par des sherpas népalais dans le camp de base où ils se préparaient pour l'ascension de l'Everest. Le Suisse -  réputé pour ses exploits en solitaire et ses records de vitesse, et l'Italien Simone Moro vainqueur à quatre reprises du "toit du monde", accompagnés d'un photographe britannique - s'apprêtaient à camper dimanche à plus de 7000 mètres d'altitude lorsqu'une dispute a éclaté avec les guides sherpa qui assuraient la cordée.


La version officielle raconte que les alpinistes n'ont pas respecté les consignes de leurs guides et qu'une altercation a ainsi éclaté entre eux. 
Des témoins ont déclaré que les guides avaient jeté des pierres sur les tentes des trois alpinistes européens et que des coups de poing avaient été échangés. "C'était effrayant à voir" explique un témoin américain.

On veut bien le croire. Évoluer dans un si beau paysage n'adoucit apparemment pas les mœurs. Une bagarre peut éclater n'importe où mais également sur le plus haut sommet du monde et ce doit être vraiment casse-gueule de s'empoigner sur un toit.

L'alpiniste valeureux doit aussi subir avec colère la destruction de son camp de base. Voir sa tente s'écrouler sous des jets de pierre alors qu'il a mis plus de deux heures à la monter en raison d'un vent violent et d'un froid mordant doit générer une colère aiguë dans ses entrailles.

Il semble bien que le toit du monde devienne le reflet de notre société de fous. Les nantis font la loi et bravent les petits. Les sherpas, mal payés et encore souvent très mal équipés réclament et s'agacent et tout cela finit par une bagarre généralisée dans un décor de pierres transformé peu à peu en un dépotoir à ciel ouvert.

Non décidément, je n'encaisse pas l'information. Moi qui pensais naïvement que là-haut sur la montagne tout était si parfait, je dois reconsidérer ma vision idyllique et admettre que l'homme garde ses instincts primaires, même s'il est entouré d'une nature belle à couper le souffle. Car sans doute qu'il faut utiliser plus d'oxygène pour envoyer des baffes à un sherpa népalais à plus de 7000 mètres d'altitude que si on tire un pain à un guide maldivien.

Là-haut sur la montagne..


© Dédé Mai 2013